Voici les détails promis, j'essaie de les
transcrire tant que ma mémoire est encore bien fraiche
!
Debout à 7h pour prendre un petit-déjeuner
bien glucidique : le fameux de gâteau-sport de Sylvie (j'en mangerai 4 tranches), une
tasse de thé, et beaucoup d'eau et de boisson énergétique tout au
long des trois heures qui me séparent du départ (10h10 pour le
marathon, 10h14 pour mon bloc, car cette année, les départs sont
échelonnés, mais deux blocs suffiront pour le marathon où environ
1800 participants sont attendus).
Je me suis pesée (à jeun comme toujours) et
j'ai été agréablement surprise de voir que je n'ai pas pris 1-2 kg
comme je m'y attendais avec mon régime hyperglucidique depuis
mercredi dernier, mais au contraire perdu 200 g
! Des fois, c'est à n'y rien
comprendre ...
Cette année, nous descendons en métro, ce qui
est bien pratique. Demain, ça fera un an qu'il est en fonction,
c'était le lendemain du marathon 2008. Mes deux enfants sont
inscrits au mini-marathon (4.2 km), mon homme au semi, mais il ne
le courra pas, pour avoir été malade ces dernières semaines (rien à
voir avec H1N1). Mes deux soeurs sont également inscrites, l'une
pour le semi, l'autre pour le quart (en fait un 10 km), son premier
! Et deux de mes neveux également sur le quart. Une véritable fête
de famille, quoi !
Pause WC, petit échauffement de 10 minutes,
étirements, re-pause WC et hop, c'est déjà l'heure du départ. Le
temps est couvert mais sec (quelques gouttes tomberont de temps à
autre, trois fois rien), pas de vent, une température idéalement
fraiche sans qu'il fasse froid. Je me sens bien en jambes, le moral
est bon.
Cette fois, je ne m'embrouille pas avec mon
Garmin et l'enclenche pile 1 seconde avant de passer le tapis à
puces du départ. Je pars en arrière du ballon des 4h que je laisse
prendre de l'avance, j'ai bien l'intention de commencer
tranquillement. Pourtant, ce sera difficilement que je tiendrai les
10 km/h, j'aurai toujours tendance à être un peu trop vite. Je me
fais la réflexion que ces 10.55 km/h sont une allure décidément
facile et que sauf accident, je devrais pouvoir atteindre mon
objectif. J'essaie donc de me modérer les 5-6 premiers kilomètres,
puis je rentre gentiment dans l'allure objectif : 5:41/km. Là
aussi, je suis régulièrement un tantinent trop vite, mais ce sont
peu de choses au final, difficile de courir à la seconde près ! Le
parcours n'est pas tout plat, il y a donc forcément des variations
d'allure.
C'est sympa cette année, ils ont mis nos
prénoms sur les dossards. La première fois que j'entends "Allez
Valérie", je suis très suprise, mais quelle est donc la
connaissance qui
m'encourage ? Avant de réaliser en riant que c'est à cause (ou
grâce ?) au dossard.
Rien de spécial à signaler jusqu'au 15e, où
je commence à sentir mes fesses. Pas encore une douleur, mais une
fatigue certaine qui me surprend : c'est tôt ! Qu'est-ce qui
m'attend pour la suite ? Ce sera supportable encore quelques
kilomètres. Entretemps, je sens poindre un point de côté,
j'approche du 20e et je suis là aussi étonnée : je ne suis de loin
pas en surrégime, que se passe-t-il donc ? J'essaie de ralentir un
peu, de bien respirer, ouf, on dirait que j'arrive à le contenir.
Puis au 20e, je prends ma 1/2 powerbar que je machouille en
courant. Du coup, le point qui ne demandait qu'à sortir ... sort !
Zut, et rezut, c'est pas croyable
. Juste à ce moment, je vois des amis qui sont
venus m'encourager : ils ont même fait une banderolle à mon nom,
trop sympa
! Je me dis que je ne vais pas marcher devant
eux, petit brin de fierté stupide. J'attends donc encore quelques
centaines de mètres, et le point se faisant de plus en plus
insistant, je marche un peu, une dizaine de mètres à tout casser,
juste le temps de bien expirer et d'appuyer fort dessus (paraît que
ça marche ...). Il ne part pas vraiment, mais il est supportable,
je me remets à courir : le passage du semi arrive et je ne veux pas
devoir ralentir maintenant ! Pourtant, les deux prochains
kilomètres seront inexorablement plus lents, c'est ça et arriver à
contenir mon point, ou le laisser sortir véritablement, et il n'en
est pas question !
Vers le 25e, il me laissera enfin tranquille.
Pour la première fois, je m'arrêterai au ravitaillement pour boire
(jusque là, j'ai toujours bu, mais en courant). Mes jambes sont de
plus en plus douloureuses, et maintenant que mon point est parti,
je ne pense plus qu'à elles. Je crains terriblement de complètement
craquer sur le 2e semi. Juste à la sortie de Vevey, il y a cette
méchante petite montée qui est là au bien mauvais moment. Je ne
marcherai pas pour autant, mais ce ne sera pas mon record de
vitesse sur le parcours !
Depuis quelques kilomètres déjà, je vois des
coureurs qui commencent à marcher, le marathon fait ses premières
"victimes", les crampes commencent à sévir. Je ne VEUX PAS être la
prochaine victime, je ne veux pas renoncer non plus à mon objectif
non plus, alors j'essaie tant bien que mal de maintenir l'allure,
tout en ayant peur que ce ne soit fatal, mais que c'est dur
!
Le retour me paraîtra bien long ... et bien
vallonné ! C'est fou ce que le "dénivelé" peut paraître différent
selon notre état de forme : l'année dernière, les bosses m'avaient
paru tout à fait acceptables, cette année, je pesterai à chacune
d'entre elles, et elles me paraîtront bien nombreuses. Les sept
derniers kilomètres surtout comportent beaucoup de faux-plats
montants, et franchement, c'était hyper pénible.
Plusieurs fois, j'ai cru que je n'arriverais
pas au bout : non pas que je ne terminerais pas, mais que je
n'arriverais plus à courir. Mais dans ma tête, il était hors de
question de marcher. Et puis j'avais peur qu'en commençant à
marcher, je n'arriverais plus à me remettre à courir derrière.
Alors j'ai tenu bon. J'ai même réussi par moments à réaccélérer un
peu, et j'étais étonnée de voir que j'arrivais à faire suivre mes
jambes, malgré mes fesses et cuisses (ischios) endolories de part
en part. Je devais ressembler à un pantin qui courait, je n'ose pas
imaginer ma démarche, assez comique très probablement, gracieuse
certainement pas ! Je me consolais en voyant que beaucoup de
coureuses/eurs à mes côtés ne semblaient pas en meilleur état. En
fait, pratiquement personne ne m'a dépassée, ce qui était plutôt
encourageant : je souffrais, mais je gérais. Et dans ma tête, je me
disais que je n'étais pas la seule à souffrir, que le marathon,
c'était ça aussi. Je pensais à la satisfaction que j'aurais une
fois arrivée, à ma famille qui m'attendait, à mes amis et
connaissances qui pensaient à moi, à vous mes lecteurs, bref, je
cherchais un peu partout un peu de motivation. Et je dois dire que
ça marche !
Tout au long du parcours, j'ai bu tant aux
ravitaillements qu'à mes propres gourdes de 1 dl chacune (que j'ai
re-remplies au 30e km). J'avais 1 goude d'eau, une de boisson
énergisante, et deux de gel dilué dans de l'eau. J'ai mangé une
demi powerbar au 20e, une autre au 25e, un gel au 30 et un autre au
35e. Et celui-là était presque de trop : j'ai senti mon estomac qui
commençait à ballonner. Je n'ai donc pas terminé mon gel et ai
décidé de ne plus rien prendre. J'étais de toutes façons en
overdose de goût sucré, beurk ! Car j'ai aussi avalé quelques
pastilles de fructose ça et là.
Vers le 38e, j'ai entendu une femme devant
moi, entourée par trois autres coureurs, qui a annoncé qu'elle
allait marcher. Ses amis l'ont encouragée, soutenue pour qu'elle
continue à courir (veinarde !), elle insistait qu'il fallait
qu'elle marche un peu, elle a continué jusqu'au ravitaillement (un
ravitaillement de l'aller en fait, entre le 35e et le 40e). Je me
suis moi aussi arrêtée pour boire quelques gouttes d'eau pour
enlever ce détestable goût du gel, mais je n'ai marché quelques
pas, car sentant mes muscles se tétaniser, je suis tout de suite
repartie avant de ne plus pouvoir le faire ! 7 longs kilomètres qui
m'attendaient, je peux vous dire que je les ai comptés ! Quant à la
dame, je ne l'ai plus revue ...
Vers le 40e, j'ai regagné un peu de moral, et
tenté une accélération : ô miracle, mes jambes ont répondu ! Et
même mieux que prévu. J'ai donc progressivement accéléré, jusqu'à
atteindre une moyenne de 12.8 km/h sur les derniers 400 mètres (un
max. de 14 km/h) ! Tel le cheval sentant l'écurie, j'ai retrouvé
une seconde énergie, mais le plus surprenant ont été mes jambes qui
n'ont pas dit non ...
J'ai passé seule la ligne d'arrivée, heureuse
d'avoir terminé sur une note positive. Ma famille m'attendait comme
prévu, ça m'a fait vraiment plaisir. C'est donc en
4:02:49 que je
termine, j'ai finalement bien limité les dégâts
. J'aurai couru le 1er semi en
2:00:44 et le 2e en 2:02:05. Pas
de negative split cette année, mais pas d'effondrement non plus,
alors que tout le laissait présager à partir du 20e ! J'ai échappé
aux crampes, et ça tient presque du miracle quand je pense à mes
muscles mis à si rude épreuve sur plus de la moitié du
parcours.
Voilà pour mon récit (un peu long, désolée,
je ne sais pas faire court
). J'essaie maintenant de comprendre les causes de
cette défaillance au niveau de mes jambes : c'était vraiment tôt
dans le parcours que ça a commencé, alors que côté cardio et
souffle, j'étais très bien. Du reste, comme je l'ai dit hier, je
n'ai couru qu'à 158 puls de moyenne contre 165 l'an dernier, où
j'avais pourtant eu beaucoup de facilité. Ce n'est donc pas une
question de surrégime à mon avis. L'allure ne me paraissait pas non
plus difficile à tenir, sauf évidemment quand mes muscles ont
sérieusement commencé à se faire sentir. Est-ce dans ma préparation
(moins de sorties très longues en nombre et en durée) ?
Honnêtement, je ne le pense pas : le plan est quand même sérieux
(JI), et ça n'explique pas pourqoi j'ai commencé à sentir mon
fessier depuis le 15e déjà.
Je pense bien sûr à mon régime de ces
dernières semaines : j'ai perdu 2 kg en un mois, mais j'ai
quand même bien (très bien même) mangé depuis mercredi en observant
un régime hyperglucidique où je ne me suis pas privée, sauf de
grignottage. J'ai pris 4 repas par jour si je compte le goûter (du
gâteau-sport avec un fruit). Par contre, j'ai toujours de la peine
à manger beaucoup de protéines ... Est-ce là que le bât blesse ?
Après tout, les muscles en ont besoin, les glucides ne suffisent
pas ...
Ou alors l'objectif de 4h était-il quand même
trop ambitieux pour moi ? Départ trop rapide, même si j'avais une
impression de facilité ? Après tout, on est forcément facile au
début, mais de là à tenir toute la distance à cette allure
...
Enfin, dans tous les cas, je suis quand même
satisfaite. Peu de perte sur le 2e semi, objectif raté mais pas de
tant que ça, et une force mentale que je ne pensais pas posséder
(c'est ma plus grande satisfaction). Mon seul regret est d'avoir
passé un si long moment à souffrir ... 
Quant au reste de ma famille, c'est du tout
positif
:
-
mon neveu termine son 10 km en
37:27 (l'an dernier, il réalisait 42:46, si ça
c'est pas de la progression !) 
-
mon autre neveu terminer son premier 10 km
(avec quasiment aucun entraînement) en
54:21
-
ma soeur termine son 1er 10 km en
55:39 (après six mois de cap et un passé de
sédentaire et grosse fumeuse : chapeau !)
-
mon autre soeur termine son semi en
1:48:50
-
mes deux fils terminent respectivement en
21:35 et 24:16 leur mini-marathon
(le 2e ayant chuté dans la bousculade du
départ)
Une belle journée en somme 